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Qui comprend encore ce qui est livré ?

Avec l’IA, tout va plus vite, parfois beaucoup trop vite. Un ticket arrive, il est pris en charge par un agent. Dans les minutes qui suivent, une PR est ouverte, la demande est implémentée, testée et vérifiée. Dans un cycle de livraison continue, elle peut alors être déployée dans la foulée.

Tout cela ressemble à un processus parfait. Tous les voyants sont au vert : les demandes sont traitées rapidement et avec le niveau de qualité souhaité. Pourtant, avec cette accélération, il est facile de perdre le fil de ce qui se passe, aussi bien fonctionnellement que dans le code. C’est ce qu’on appelle la dette de compréhension.

Chaque PR acceptée sans être comprise creuse ce fossé. La rapidité avec laquelle les fonctionnalités s’enchaînent nous empêche d’assimiler tout ce qui est produit. Le code fonctionne, mais plus personne ne maîtrise réellement les règles métier, le code ou l’architecture produite.

On subit alors cette dette. On s’en rend compte le jour où il faut expliquer ce qui a été fait, et que personne ne peut répondre sans repasser par l’IA. Ce n’est pas uniquement un problème individuel : certaines organisations encouragent cette accélération sans en regarder les conséquences.

Utiliser l’IA pour produire des fonctionnalités n’est pas un problème. Mais c’est à l’équipe d’assumer ce qui est livré, et donc de le comprendre.

On peut tout déléguer à l’IA mais il ne faut jamais perdre la compréhension de ce qui est fait.

Jérémy DECOOL

Jérémy DECOOL

Développeur depuis plus d'une décennie, je partage mes réflexions sur les bonnes pratiques de développement, d'architecture logicielle et d'organisation d'équipe.