Il y a encore peu de temps, quand un outil ne correspondait pas entièrement à notre besoin, il était plus facile de s’adapter à ce dernier que l’inverse. On le configurait, on mettait en place de nouveaux processus. Aujourd’hui, de plus en plus, on le recrée.
Avec l’IA, produire un logiciel n’a jamais été aussi accessible (indépendamment de la qualité du résultat). Quelques jours suffisent à obtenir une version taillée sur mesure, correspondant en tout point à ce que l’on veut et à notre façon de travailler. Je le constate partout autour de moi, que ce soit dans des équipes de développement ou chez des utilisateurs et clients.
Il existe une forme d’hyper-spécialisation logicielle qui est en train d’émerger. Les éditeurs dont les produits portent une vraie complexité métier, réglementaire ou technique sont encore épargnés, car ce savoir ne se génère pas aussi facilement via des prompts. Les outils plus génériques, en revanche, sont en train de se faire remplacer.
J’ai l’impression que celui qui a le plus à perdre dans cette histoire, c’est peut-être l’open source. Ce dernier reposait sur le partage et un mode de contribution ouvert. Mais si chacun crée et développe sa propre version dans son coin, qui contribuera encore à un outil commun ?
Je suis curieux de savoir comment tout ça va évoluer. Car si la tendance à construire son propre outil s’accélère, construire seul peut avoir des conséquences néfastes sur le long terme (segmentation, bus factor…), la maintenance d’un outil ayant toujours un coût.